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Tuesday, February 17, 2015

Société philharmonique de Montréal / Communiqué: Décès de Maestro Miklós Takács

Montréal, le 16 février 2015 - C’est avec une peine incommensurable que nous annonçons le décès de Maestro Miklós Takács, survenu à Montréal le vendredi 13 février dernier, à l’âge de 82 ans.

Pour avoir été un pilier de la culture musicale d’ici, il est à craindre que la disparition de ce chef connu et apprécié ne laisse un vide énorme qui sera très difficile à combler. Répartis sur les 30 années qu’a duré sa vulgarisation des chefs-d’œuvre du grand répertoire, ils se comptent par dizaines de milliers les mélomanes qui remplissaient la majestueuse église Saint-Jean-Baptiste de l’avenue Rachel, au cœur du Plateau, pour assister aux concerts spirituels du Vendredi saint dont Miklós Takács avait fait une tradition dans la métropole québécoise. Ces fervents de la musique admiraient et aimaient ce chef stylé, chaleureux, élégant, empreint de l’essence profonde des grandes fresques musicales que sont les requiem, les oratorios et les passions qui les faisaient vibrer d’émotion à l’évocation des images de vie, de mort et d’éternité.

Miklós Takács a vu le jour à Budapest le 13 septembre 1932. Après de brillantes études à la célèbre Académie Liszt de la capitale hongroise auprès du compositeur et pédagogue Zoltán Kodály, Miklós Takács se rend en France pour parfaire ses connaissances auprès des grands maîtres parisiens : Nadia Boulanger, en analyse musicale, au Conservatoire, Jacques Chailley, en musicologie, à la Sorbonne. Il fréquenta aussi l’Institut grégorien de Paris d’où il détenait un diplôme de Maître de chapelle.

De retour en Hongrie, il devint professeur au Conservatoire Béla Bartók, puis fondateur et directeur de l’Ensemble vocal Takács et de l’Orchestre de chambre Baroque de Budapest. En 1973, répondant à une invitation de l’ancienne École normale de musique de Westmount (devenue en 1978 le Module de musique de l’Université du Québec à Montréal), il s’installe définitivement à Montréal, foyer de son rayonnement de chef à travers le monde. Tout au long de sa carrière subséquente, Miklós Takács resta attaché à la jeune université montréalaise à titre de professeur régulier, chef de l’Ensemble vocal et directeur fondateur du Chœur de l’UQAM.

L’idée la plus marquante de Miklós Takács a été de faire revivre l’ancienne Société Philharmonique de Montréal qui avait durablement entretenu le goût musical des citoyens de la ville par l’exécution publique des chefs d’œuvre du répertoire lyrique et d’orchestre. Cette Société, fondée en 1875 par Arthur Perkins, avait cessé ses activités en 1899. La réactivation, en 1982, de ce moteur du goût musical montréalais aura animé de manière éclatante la vie culturelle de Montréal jusqu’au concert du vendredi 18 avril 2014, où le Maestro Takács, vieillissant, dirigea, assis sur un tabouret, l’orchestre de la Société Philharmonique et le Chœur de l’UQAM dans une bouleversante interprétation du Requiem de Verdi.

Miklós Takács entretenait une véritable passion pour ces œuvres de chœur, d’ensemble de solistes et d’orchestre. Cette esthétique grandiose, quelque peu grandiloquente, instaurée par Félix Mendelssohn en Allemagne au cours des décennies 1830 et 1840 seyait particulièrement au répertoire sacré : chefs-d’œuvre du Baroque et du Classicisme, comme les Passions et la Messe en si mineur de Jean-Sébastien Bach, le Requiem et la Messe du Couronnement de Mozart, la Missa Solemnis de Beethoven, Les Saisons et La Création de Haydn. Elle s’étendit jusqu’à englober des requiem à grand déploiement de furies et d’éclairs, comme ceux de Verdi et de Berlioz, d’autres plutôt caressants, comme celui de Fauré, enfin des oratorios modernes, comme Jeanne au bûcher d’Arthur Honegger. Ce répertoire qui n’avait point de secret pour Miklós Takács le remplissait du désir irrésistible d’en faire trembler les colonnes du temple et frémir d’indicibles émotions le public communiant avec lui en cette ravissante manière de prier…

Pour les visites : Complexe funéraire Mont-Royal (1297, chemin de la Forêt, Outremont (QC) H2V 2P9, 514-279-6540le vendredi 20 févrierde 14 h à 17 h et de 19 h à 21 h. Une messe sera célébrée à l’église Notre-Dame-des-Hongrois (90, rue Guizot Ouest, Montréal (QC) H2P 1L4, 514-387-9503le samedi 21 février à 11 h.

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